Salon de l’agriculture: un nouveau marathon pour Emmanuel Macron (CE B2-C1)

Arrivé à 8 heures du matin, le président a tenu à répondre à toutes les questions qui lui ont été posées.

Il y a une constante chez Emmanuel Macron: le président de la République explose systématiquement[1] les temps de visite prévus à son programme. Et ce troisième passage par la «plus grande ferme de France», depuis qu’il est à l’Élysée, n’a pas fait exception[2]. Bien au contraire. Il faut dire que le chef de l’État prend un malin plaisir à déguster les verres de vin qui lui sont tendus et à répondre à toutes les questions, en déambulant[3] dans le parc des expositions, porte de Versailles, à Paris. Des plus sérieuses – les pesticides, les retraites agricoles – aux plus futiles – «Alors, votre pronostic pour France-Pays de Galles?[4]». Une course de lenteur risquée dans un contexte social tendu, prompt aux chausse-trappes[5].

D’ailleurs, le matin, le contestataire Eric Drouet tente de s’approcher de la délégation officielle. Il est refoulé par le service d’ordre. Une militante «gilet jaune» parvient, elle, à s’approcher et à échanger avec le chef de l’État. «Je vis la guerre tous les samedis», crie-t-elle. Soucieux de montrer qu’il n’esquive[6] pas l’accusation, Emmanuel Macron promet de la recevoir à l’Élysée, si elle «structure un groupe [de gilets jaunes]».

Si un tel rendez-vous se tient, ce serait une première. L’après-midi, des «Macron président des riches !» ou encore des «Macron démission !» résonnent dans la foule. Les personnes qui hurlent sont rapidement exfiltrées[7] par un impressionnant dispositif policier. Cela étant, le reste de la journée se passe sans heurts[8]. Quelques fans lui souhaitent «bon courage» ou demandent des selfies.

Ce 57e Salon de l’agriculture, plus paisible qu’en 2018 quand Emmanuel Macron avait essuyé[9] d’intenses sifflets, est toutefois marqué par le malaise général du monde agricole. «Il nous faut une politique de long terme, se plaint Jean-Luc Poulain, le patron du Salon. Un jour, on nous dit d’arrêter le glyphosate, un autre, d’attendre pour le faire que des solutions techniques soient inventées. Idem[10] pour les biocarburants. Les pouvoirs publics nous encouragent à foncer, après nous avoir demandé d’arrêter. On a besoin de visibilité.»

À cela s’ajoutent des préoccupations sectorielles[11]. Les zones d’interdiction d’épandage[12], près des habitations, crispent[13] les agriculteurs. Les pêcheurs s’inquiètent des conséquences du Brexit. Les exportateurs de vin réclament un «fonds de compensation» pour atténuer le choc des augmentations de taxes américaines, fixées par Donald Trump. Et puis, il y a l’incertitude sur le budget de la politique agricole commune (PAC). «On s’est battu. On a un peu amélioré la copie proposée par la commission européenne, mais ce n’est pas fini», résume Emmanuel Macron, alors que la France est le pays qui reçoit le plus d’aides.

Le chef de l’État est en revanche arrivé avec une bonne nouvelle dans sa besace[14]. La réforme des pensions se traduira par des retraites de 1000 euros minimum pour les carrières pleines, ce qui est loin des niveaux actuels. Un sujet suivi de près dans le monde agricole. Une femme hèle[15] le président: «Qu’allez-vous faire pour les épouses d’agriculteurs? Bénéficieront-elles des 1000 euros?» Emmanuel Macron s’arrête et se lance dans une longue explication. «Cela va dépendre du nombre d’heures travaillées», commence-t-il.

Il est 19h30. Le salon s’apprête à fermer ses portes. Les haut-parleurs invitent les visiteurs à quitter les lieux. Mais dans le pavillon 4, Emmanuel Macron – au salon depuis 8 heures du matin – poursuit sa visite. Il est interrogé sur les suicides des paysans. Le chef de l’État pointe le «manque de revenus et de perspectives». Le parc des expositions s’est quasiment vidé. Mais il reste encore au président plusieurs rendez-vous à honorer, dont la visite du stand «Pêche». À un mois des municipales, il ne faut négliger aucun hameçon.

Marcelo Wesfreid, Le Figaro, 22 février 2020 adapté FLE

 

[1] régulièrement

[2] Faire exception : être différent

[3] En se promenant

[4] On fait référence ici à un match de rugby qui a lieu le même jour

[5] Aux pièges

[6] éviter

[7] sorties

[8] problèmes

[9] Ici : subir quelque chose de désagréable

[10] pareil

[11] De spécialités

[12] Quand on répand (=met) des produits chimiques sur les terres agricoles

[13] inquiètent

[14] Son sac

[15] appelle

Questions :

1-Combien de temps le Président a-t-il passé au Salon de l’agriculture ?

2-Pourquoi le visite-t-il chaque année et quelle est la particularité de cette année 2020 ?

3-Faites la liste des problèmes actuels du monde agricole en France

4-Quelles solutions a évoquées le Président ?

Le nouveau coronavirus devient plus meurtrier que le SRAS (CE B2-C1)

L’OMS[1] a estimé samedi que le nombre de cas de contamination relevés quotidiennement en Chine « se stabilise », même s’il est trop tôt pour en conclure que l’épidémie a dépassé son pic[2].

L’épidémie de coronavirus 2019-nCoV a fait 811 morts en Chine, devenant plus meurtrière que celle de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait fait 774 morts dans le monde entre 2002 et 2003, selon les derniers chiffres officiels publiés dimanche 9 février.

Le virus 2019-nCoV a tué 89 nouvelles personnes en Chine continentale (hors Hongkong et Macao), soit un nouveau record quotidien. On dénombre désormais 37 198 malades en Chine continentale et seuls deux morts – un aux Philippines et un à Hongkong – ont jusqu’à présent été recensés[3] en dehors de ce territoire.

 L’OMS a estimé samedi que le nombre de cas de contamination relevés quotidiennement en Chine « se stabilise », même s’il est trop tôt pour en conclure que l’épidémie a dépassé son pic. « Nous enregistrons une période de stabilité de quatre jours, où le nombre de cas rapportés n’a pas progressé. C’est une bonne nouvelle et cela pourrait refléter[4] l’impact des mesures de contrôle qui ont été mises en place », a déclaré le responsable des programmes sanitaires d’urgence de l’OMS, Michael Ryan.

En Chine continentale, le nombre de cas confirmés était dimanche 9 février de 37 200, soit 2 600 cas supplémentaires par rapport au précédent bilan quotidien. Ce dernier chiffre est nettement inférieur aux près de 3 900 nouvelles contaminations annoncées mercredi par les autorités chinoises dans leur bilan quotidien.

Fin janvier, l’un des meilleurs spécialistes chinois des maladies respiratoires, Zhong Nanshan, avait estimé que l’épidémie pourrait atteindre un pic aux alentours du 8 février avant de commencer à refluer[5].

La situation sanitaire a poussé Hongkong à imposer une mesure drastique[6] : depuis samedi, toute personne arrivant de Chine continentale doit s’isoler deux semaines chez elle, à l’hôtel ou dans tout autre hébergement. Les récalcitrants encourent[7] six mois de prison.

Les mesures de confinement restent par ailleurs strictes dans de nombreuses villes chinoises, où des dizaines de millions de personnes doivent rester calfeutrées[8] chez elles. La métropole de Shanghaï, peuplée de 24 millions de personnes, est devenue samedi la dernière municipalité en date à imposer le port du masque dans les lieux publics.

En visite cette semaine à Wuhan, la vice-première ministre chinoise, Sun Chunlan, a ordonné aux autorités locales d’adopter des mesures de « temps de guerre » pour rechercher les habitants atteints de fièvre en ratissant[9] les quartiers.

La Banque centrale chinoise a par ailleurs annoncé, dimanche, qu’elle allait débloquer 300 milliards de yuans (environ 43 milliards de dollars) dès la semaine prochaine pour aider les entreprises impliquées dans la lutte contre l’épidémie de pneumonie virale qui frappe la Chine et a déjà contaminé des dizaines de milliers d’individus.

A peu près 3 700 personnes sont confinées à bord du paquebot « Diamond Princess », au Japon, où le nombre de personnes infectées continue d’augmenter, passant samedi à 64 cas.

De nombreux pays durcissent leurs mesures restrictives[10] à l’encontre des personnes en provenance de Chine, et déconseillent les voyages dans ce pays, la France étant la dernière en date samedi. La plupart des compagnies aériennes internationales ont interrompu leurs vols vers la Chine continentale.

L’épidémie continue de se propager dans le monde, et cinq nouveaux cas ont été repérés et hospitalisés sans signe de gravité en France, portant à onze le nombre de cas enregistrés en France.

Ces cas représentent un cluster, c’est-à-dire un regroupement de plusieurs malades autour d’un « cas initial », un ressortissant britannique ayant séjourné à partir du 24 janvier, pour quatre jours, aux Contamines-Montjoie en Haute-Savoie, a annoncé samedi la ministre de la Santé, ce Britannique revenait de Singapour. Ces cinq personnes positives au nouveau coronavirus – quatre adultes et un enfant – mais aussi d’autres « contacts proches » de ce Britannique, « soit 11 personnes au total, toutes de nationalité britannique », qui résidaient toutes dans le même chalet[11], ont été hospitalisées dans la nuit de vendredi à samedi à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, selon la ministre.

Par ailleurs, une trentaine de nouveaux rapatriés de Wuhan sont arrivés en France. Il s’agit de la troisième vague après les 180 personnes débarquées le 31 janvier et les 120 autres ayant atterri à Istres le 2 février. Ces nouveaux rapatriés vont être placés en quarantaine pendant 14 jours, la durée maximale d’incubation du virus, à l’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence, où 80 personnes sont déjà confinées.

Selon les dernières précisions de la préfecture des Bouches-du-Rhône dimanche, ils seraient « 35 à bord, de nationalité française ». Tous les rapatriés de Carry-le-Rouet et d’Aix-en-Provence ont été testés à deux reprises depuis leur arrivée, et aucun d’entre eux n’a contracté le coronavirus.

L’OMS a annoncé que 82 % des cas répertoriés étaient considérés comme mineurs, 15 % graves et 3 % « critiques », moins de 2 % des cas s’avérant[12] mortels. Le taux de mortalité de ce virus, nommé temporairement « 2019-nCoV », est pour l’heure très inférieur à celui du SRAS (14 %) qui avait contaminé 5 327 personnes en Chine.

L’OMS avance avec prudence vers l’adoption d’un nom définitif pour l’agent infectieux[13], afin de ne stigmatiser[14] ni le peuple chinois ni Wuhan. La décision devrait intervenir dans les prochains jours. En attendant, la Chine a annoncé samedi nommer provisoirement la maladie « pneumonie à nouveau coronavirus », lui donnant le sigle anglais officiel de NCP (pour novel coronavirus pneumonia).

En Hongrie, la police a annoncé samedi avoir démantelé[15] un réseau de plusieurs dizaines de sites internet de fausses nouvelles qui prétendaient que des Hongrois étaient morts du coronavirus, dans le seul but d’attirer du trafic et de gagner de l’argent.

Agence France-Presse et Le Monde, 9 février 2020 adapté FLE

 

[1] Organisation Mondiale de la Santé (ang. WHO)

[2] Son niveau le plus haut

[3] comptés

[4] Ici : montrer

[5] diminuer

[6] Importante, dure

[7] Ceux qui ne respectent pas la demande risquent

[8] Enfermées, protégées

[9] En contrôlant

[10] De limitations

[11] Maison en bois

[12] Etant, devenant

[13] La maladie

[14] Ne pas accuser

[15] Démonté, fait disparaître

 

Questions : (les éléments de réponse sont dans l’ensemble du texte)

1-Qu’est-ce que le coronavirus et quel nom portera-t-il ?

2-Quelles procédures de sécurité ont été mises en place en Chine ?

3-Quelle est la réaction des autorités françaises ?

4- (Expression personnelle) Pourquoi cette épidémie est-elle inquiétante ?

Le musée national de Rio n’est pas un modèle dépassé (CE B2+ C1)

(Contexte: En 2018, le musée national de Rio de Janeiro, au Brésil, est détruit par un incendie. Une grande partie des collections disparaît, c’est un drame culturel)

C’est avec sidération[1] que nous avons regardé les images du Musée national de Rio en flammes, puis celles des murs calcinés[2] du palais où avait disparu la quasi-totalité de la plus grande collection d’histoire naturelle de l’Amérique du Sud.

Eduardo Viveiros de Vastro, anthropologue mondialement connu dont la carrière s’est entièrement déroulée dans le Musée -national, a décrit ces ruines comme un  » Ground Zero «  dans lequel se lisent les autres désastres qui affectent la nation brésilienne. La destruction du lieu, même si elle est due à un incendie accidentel, a en effet une signification politique et écologique : c’est une partie de la mémoire de la diversité du Brésil qui s’est volatilisée[3], avec ses langues documentées dans la bibliothèque, ses objets fabriqués par les populations autochtones[4], ses spécimens d’espèces animales et végétales aujourd’hui disparues. Au-delà de l’émotion causée par cette perte inestimable, que penser des images de cette catastrophe ?

 

Le bâtiment qui abritait le Musée national était en effet le palais dans lequel vivait l’empereur du Brésil au XIXe  siècle. Passionné d’histoire naturelle, correspondant de Darwin et de Pasteur, il se faisait offrir des momies égyptiennes par ses visiteurs européens, et soutenait la recherche archéologique. Dans les années 1960, un département d’anthropologie sociale y est ouvert. La plupart des anthropologues brésiliens sont passés par le Musée national, qui constituait ainsi un foyer d’enseignement et de recherche. Deux cents chercheurs, parmi les meilleurs du monde en anthropologie et en archéologie, y étaient encore hébergés par l’Université fédérale de Rio de Janeiro avant le désastre.

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Femmes en sciences, il faut un effort mondial. (CE C1)

Marie Curie, Rita Levi-Montalcini, Brenda Milner, Martha Salcudean, Julie Payette, Halle Tanner Dillon Johnson… Ces noms vous disent quelque chose ? Ce sont des femmes dont le travail de pionnières a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre le cancer, les découvertes marquantes concernant la manière dont vivent et meurent les cellules cérébrales et le dévoilement des secrets de la mémoire humaine. Elles sont des leaders de l’innovation en génie mécanique et en exploration spatiale. Elles ont été parmi les premières femmes dans leurs classes en médecine à aller offrir des soins de santé aux pauvres, défavorisés et déshérités.

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